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Réouverture progressive des écoles ? Besoin de garanties !

jeudi 23 avril 2020

L’annonce d’un déconfinement devrait nous ouvrir des perspectives positives et réjouissantes. Or pour beaucoup de collègues, mais aussi des collectivités comme des familles ce n’est pas le cas.

Les enseignant∙es et AESH sont tiraillé-es entre le souhait de retourner en classe, de retrouver ses collègues, ses élèves (ou au moins une partie, notamment celles et ceux qui ont pris, en cette période de confinement, de la distance avec l’école) ET la protection de leur santé et de celle de leurs proche parfois « fragiles ». La sécurité sanitaire doit être un préalable à toute rentrée des personnels et des élèves. Si toutes les conditions ne sont pas réunies, le déconfinement ne pourra se faire, sous quelle que forme que ce soit.

La date de reprise du 11 mai génère beaucoup de peur et d’angoisse chez agent∙es de l’Éducation Nationale (enseignant∙es, personnels administratifs, AESH …) et les familles.

Sans les garanties sanitaires nécessaires appliquées partout et un plan de déconfinement très cadré, le SNUipp-FSU refuse cette reprise.

Les enseignant∙es n’ont pas don d’ubiquité. Il ne pourra donc leur être imposer de reprendre la classe avec une partie des élèves et de continuer de poursuivre un « enseignement à distance » en même temps !

Calendrier de reprise, protections, modalités d’accueil des élèves, personnels « fragiles » (ou ayant des proches « fragiles »),… Dans cet article, le SNUipp-FSU de l’Oise établi un résumé de la situation autant au niveau national que départemental et des revendications pour les personnels, l’École et l’ensemble du service public d’Éducation.

Il y a une contradiction de plus dans la communication du gouvernement : le 12 mars le Président de la République expliquait que les enfants et les jeunes étaient des véhicules performants du virus, et le 13 avril, alors même qu’il donne un temps long au confinement, il décide que les crèches, écoles, établissements scolaires rouvriront au public le 11 mai, sans grande précision certes, mais sans non plus qu’une telle perspective n’ait été évoquée avec les organisations syndicales représentant les personnels concernés. Puis le Premier Ministre ainsi que le Ministre de l’Éducations Nationale ont apporté de nouveaux éléments.

Aujourd’hui, le virus n’a pas beaucoup changé et ce qui était vrai il y a deux mois quand les écoles du cluster de l’Oise furent fermées l’est toujours aujourd’hui. Si ce n’est plus le cas, il faut que des études et le conseil scientifique le précisent. Une étude de l’Inserm en date du 12 avril 2020 le précise d’ailleurs : School are assumed to remain closes (les écoles devraient rester fermer). La situation à l’international, au Japon par exemple avec une réouverture des écoles puis leur seconde fermeture, nous montre que la prudence doit être de mise.

Évidemment, il y a les inégalités sociales qui sont fortement accentuées en cette période de confinement. Celles et ceux qui ont les moyens de télétravailler sont bien souvent les catégories socioprofessionnelles supérieures. Les autres continuent de travailler sur leurs lieux de travail. Les enseignant∙es de l’Oise et d’ailleurs ont rivalisé d’inventivité et d’ingéniosité pour tenter de maintenir un lien avec tous les élèves et de réduire la fracture numérique mais cela ne suffit pas car elle vient bien souvent d’ailleurs. L’école ne pourra pas, à elle seule, effacer toutes les inégalités qui sont bien souvent et avant tout d’origine économiques, sociales, territoriales et culturelles.

Les personnels se retrouvent tiraillés entre l’envie de retourner en classe, de retrouver leur lieu de travail, leurs collègues, leurs élèves (notamment celles et ceux qui ont pris, en cette période de confinement, de la distance avec l’école) ET la protection de leur santé et de celle de leurs proche parfois « fragiles ». Nous invitons ces dernier∙es à prendre contact avec le Médecin de prévention des personnels, le Dr Quénot pour lui signaler leur situation particulière (pascal.quenot@ac-amiens.fr) ; ne pas hésiter à saisir le SNUipp-FSU. (snu60@snuipp.fr).

Le SNUipp-FSU n’a pas attendu le coronavirus pour lutter contre les inégalités sociales qui ont bien souvent des répercussions en matière de réussite scolaire.

Aujourd’hui le Président, son Premier Ministre et le Ministre de l’Éducation Nationale mettent en avant cette lutte contre les inégalités pour rouvrir les écoles et semblent s’inquiéter de cette situation qui n’est pas nouvelles et qu’ils ont largement contribué à dégrader par leurs choix politiques. La crise a mis à en lumière ces difficultés, ces fractures sociales, ces fractures de classe qui existent depuis des années dans notre pays. Le SNUipp-FSU et sa fédération la FSU portent depuis toujours des mandats clairs sur ces questions et c’est pourquoi ils s’engagent dès maintenant dans la construction d’un « après » avec plus et mieux de services publics pour une société plus juste et plus solidaire. La pétition PlusJamaisCa a recueilli déjà plus de 1350 000 signatures, vous pouvez continuer de la signer.

La priorité doit être donnée à la santé. Toutes les garanties doivent être données dans le cas d’une réouverture des écoles et établissements de l’Oise et à ce jour la date du 11 mai parait prématurée.

Il y a ensuite la situation de notre département. Le premier touché dans le temps : avec des personnels et des élèves pour certain∙es inquiet∙es, en souffrance, marqué∙es par l’isolement ou la douleur. Certain∙es collègues auront été éloigné∙es de leur lieu de travail depuis lundi 2 mars 2020. Ils∙elles auront besoin de remettre petit à petit le pied à l’école.

Aujourd’hui, il n’y a de plan de déconfinement clair et solide pour la « réouverture progressive des écoles ». Seulement des annonces depuis la rue de Grenelle. Nous ne souhaitons pas revivre l’impréparation constatée avant le confinement généralisé ou au moment de la mise en place de l’accueil des enfants de soignant∙es par exemple.

Si le département de l’Oise est concerné par cette ouverture, beaucoup de questions se posent quant à cette « réouverture progressive » :

  • Sur la capacité des élèves à effectuer les gestes barrière, notamment pour les plus jeunes, et à respecter la distanciation sociale.
  • Sur l’accueil des enfants en situation de handicap et leur accompagnement par les AESH ; Sachant que les AESH de par leurs missions, ne peuvent être qu’en contact étroit avec les élèves qu’ils accompagnent, il serait nécessaire de proposer une ASA aux personnels qui ne souhaitent pas reprendre par crainte pour leur sécurité personnelle ou de contaminer d’autres personnes. La situation de handicap de certains élèves paraît complètement incompatible avec la mise en œuvre des gestes barrières, même avec équipements.
  • Sur la responsabilité des personnels et particulièrement des directeur∙trices dans l’accueil des élèves en matière de santé.
  • Sur les conditions d’hygiène à faire respecter par les collectivités territoriales notamment en matière de nettoyage des locaux : salles communes, salles informatiques, salle des maîtres et évidemment toilettes et lavabos mais également dans le cadre du périscolaire.
  • Sur le nombre de lavabos présents en nombre très réduit dans certaines écoles et la superficie parfois très réduite de certaines salles de classe.
  • Sur la situation des enseignant∙es – parents de plusieurs enfants scolarisés en GS-CP-CM2 et dans d’autres niveaux ainsi que sur la position de certains∙es assistant∙es maternelles qui indiquent déjà ne pas pouvoir reprendre les enfants d’enseignant∙es gardés avant le confinement.
  • Sur la position de certaines familles qui indiquent déjà ne pas vouloir remettre leurs enfants à l’école.
  • Sur l’accueil des groupes d’élèves : qui va déterminer quels seront les 15 enfants autorisés à venir à l’école ?
  • Sur la « classe à distance » qui continuerait en même temps que la réouverture des écoles en effectifs réduits et pour certains niveaux. Comment les enseignant∙es vont-ils∙elles pouvoir assurer cette double voire triple charge de travail ?

Le Ministre indique qu’il faudra continuer à travailler à distance tout en assurant une présence à l’école. Les personnels ne pourront pas tenir tous les bouts.

Aussi, le SNUipp-FSU exige les garanties sanitaires suivantes avant toute reprise, même progressives de l’école :

  • L’attribution d’autorisations spéciales d’absence à plein traitement pour les personnels qui devront garder leurs enfants.
  • L’attribution d’autorisations spéciales d’absence à plein traitement pour les personnels « fragiles » ou qui ont des proches « fragiles ». Les personnels et élèves à risque en raison d’une pathologie doivent être exemptés de tout retour en présentiel.
  • L’attribution d’autorisation spéciales d’absence pour les personnels et élèves qui ont des personnes à risque dans leur entourage doivent pouvoir être exemptés d’activités professionnelles sur le lieu de travail afin de limiter les risques d’exposition.
  • La limitation effective du nombre d’élèves au sein de chaque classe.
  • La présence de masques pour les enseignant∙es, les autres personnels de l’Éducation Nationale voire des élèves si cela est nécessaire ainsi que du gel hydroalcoolique, du savon, des gants dans , de thermomètres dans toutes les écoles du département… C’est de la responsabilité de l’employeur, de l’Éducation Nationale, de fournir ce matériel de protection pour ses personnels.
  • Le nettoyage de toutes les écoles, des espaces d’accueil périscolaire et de restauration avant la reprise et plusieurs fois par jours notamment des sanitaires à la réouverture des écoles.
  • Les salles de classe ne peuvent permettre, dans leur configuration actuelle et leur taille, la distanciation entre les élèves. L’espacement entre les tables et un élève par table doivent faire partie des préconisations. La question se pose également pour les couloirs ou les cours de récréation.
  • Aux abords des écoles, notamment aux arrêts de transports scolaires (et a sein de ces derniers), il importe de prévoir la mise en place des mesures nécessaires pour assurer cette distanciation.
  • La banalisation de plusieurs journées sous la forme d’une pré-rentrée pour que les personnels puissent préparer en amont l’accueil de leurs élèves.
  • La possibilité de tester les adultes et les élèves au-delà des personnes présentant des symptômes : tout personnel ayant un doute quant à son exposition doit avoir la possibilité de se faire dépister.
  • Les personnels qui ont contracté le coronavirus (testés ou fortement présumés du fait des symptômes) ou qui pensent avoir été exposés, doivent avoir la garantie qu’ils et elles ne soient plus contagieux-ses.
  • La poursuite simultanée d’une activité d’enseignement en présentiel sur l’ensemble du temps scolaire et de l’organisation de l’enseignement à distance est impossible et ne peut être demandée.
  • Les conditions inégalitaires de l’enseignement à distance ont été tout particulièrement défavorables aux élèves des milieux populaires. Elles doivent donner lieu à une analyse capable d’identifier les moyens nécessaires notamment dans les zones d’éducation prioritaires pour compenser ces inégalités.
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